Il est souvent question dans la panoplie des recettes qui font recette-surtout pour ceux qui les proposent- d'offrir (argent comptant) des "solutions à tous nos problèmes"...Je vois là une atteinte à la fragilité humaine ,un appel à l'influençabilité et la négation même de l'humain dans sa complexité ,ses contradictions .
Que je sache et loin s'en faut nous n'avons pas atteint l'état du Surhumain que Nietzsche appelait de belle manière... Nous sommes plutôt les tenants d'une humanité trop humaine pour dire avec lui l'état dans lequel nous vivons.
Prétendre apporter la "solution à tous nos problèmes" c'est faire bien peu cas de cette situation ,c'est engager celui qui "croit" dans un chemin qui le surprendra puisqu'il faudra affronter des obstacles au demeurant et l'origine grecque du mot -même à savoir"problema" indique bien cette idée :leproblème vaut obstacle.Il est préférable d'en tenir compte plutôt que de croire en un avenir lisse.L'essentiel est de trouver le moyen qui convient pour le surmonter.
Et il n'y a pas de recette idéale.Il n'y a qu'une recherche de tous les instants et comme on peut.On évitera alors de culpabiliser celui qui ne parviendrait pas à trouver de solution en indiquant que "moi" je l'ai trouvée...Lit-on dans les récits invitant à adhérer à telle ou telle recette.Il y aurait certainement intérêt à aller voir dans l'arrière -cuisine...
Dans une espèce de pauvreté mentale organisée,au moment où les difficultés nous assaillent et de crise généralisée,il est particulièrement cynique mais stratégiquement opérationnel de proposer ces solutions prétendûment efficaces et bien sûr,définitives.
Je ne connais pas un Philosophe digne de ce nom qui oserait asseoir sa pensée sur de tels manquements...En revanche ,on trouvera plutôt une invitation à la prise en compte d'un état présent pour envisager le meilleur ,qui ne nie pas cette fragilité inhérente à l'homme-même dans les philosophies les plus métaphysiques- et sur laquelle peut venir s'inscrire l'effort que l'on voudra bien accomplir ,en tentant le mieux possible "de bricoler dans l'incurable" plutôt ,en fin de compte,que d'imaginer de façon fautive que tous les problèmes ,y compris la mortalité pourraient s'arranger .
A ces tentatives d'effacement de l'humain -au nom d'une détention de la "vérité ultime"ou originaire,ou bien les deux à la fois, je préfère le doute ,je préfère tracer ma voie dans la reconnaissance des difficultés-qui n'épargnent personne et à quelque degré que ce soit- je préfère la voie difficile...le sens du tragique doit pouvoir ouvrir la porte de la joie sans prétendre "solutionner tous les problèmes" ni même s'y complaire.
A cet effet ,invitation est faite ici ,à la lecture de Camus...
Cinq jours de gravure à l'école Estienne
Il y a 1 jour
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